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Lettre n°10 : dernière session du projet intial:
de l'immensité de São Paulo au fin fond du Minas Gerais

La dernière session du projet initial de l'ONG Jequitibá s'est une fois de plus déroulée dans des environnements très contrastés. La semaine de cours qui s'est tenue à São Paulo a rassemblé des représentants de radios installées dans les quartiers populaires et industriels de la mégalopole brésilienne. La seconde semaine, à Araçuaí dans l'état de Minas Gerais, a par contre touché des radios rurales de villages souvent très isolés les uns des autres.

A nouveau la collaboration avec l'UNESCO-Brésil nous a permis de gérer les questions organisationnelles et logistiques. A São Paulo, Jequitibá a été mis en contact avec l'association Oboré, très active dans le domaine de la communication de base. Elle a un rôle-clé dans le maintien et l'assistance aux innombrables radios communautaires implantées dans l'agglomération pauliste et ses 22 millions d'habitants. C'est Oboré qui s'est chargée du recrutement des participants venus des banlieues et c'est dans les locaux de l'association que se sont déroulés les cours donnés par Jean-Jacques Fontaine et Yves Magat.

Syndromes des grandes villes
Sans être aussi "chauds" qu'à Rio, les favelas et les quartiers populaires de São Paulo sont traversés des syndromes habituels dont les radios locales peuvent être des caisses de résonnance: violence criminelle, trafic et consommation de drogues, manque de logements, difficultés des transports, carence des pouvoirs publics, etc. Les exercices pratiques (interview, reportage, débat, bulletin de nouvelles) ont pu largement mettre l'accent sur ces questions afin qu'ensuite, de retour dans leur radio, les participants au cours continuent de développer ces thèmes proches de la vie de leurs auditeurs.

Dans un environnement géographique complètement différent, la petite ville d'Araçuaí, au nord de la vallée du Jequitinhonha, dans l'état de Minas Gerais a vu se dérouler la seconde semaine de cours de cette session. Elle a été organisée par l'équipe du professeur de communication Marcio Simeone de l'Université fédérale de Minas Gerais. Les cours se sont déroulés dans l'amphithéâtre du très actif centre culturel "Luz da Lua" d'Araçuaí.

Pauvreté de la Vallée de Jequitinhonha
Cette région septentrionale de l'état de Minas Gerais se trouve déjà fortement marquée par l'environnement, culturel, social et économique du Nordeste. Elle est considérée parmi les plus pauvres du Brésil. La grande ville la plus proche, Belo Horizonte est à huit heures de voiture dont une de piste assez chaotique. La vallée du Jequitinhonha souffre particulièrement de la sécheresse de ces dernières années causée notamment par les changements climatiques.

En route pour Araçuaí...
En route pour AraçuaíLa population des villages isolés en montagne était traditionnellement composée de petits éleveurs-agriculteurs. La location puis le rachat de leurs terres par de grandes compagnies forestières a profondément modifié la structure économique et sociale au cours de ces dernières années. Sur des dizaines de kilomètres la route longe des plantations extrêmement denses d'eucalyptus: c'est le "désert vert". Leur bois est transformé sur place en charbon végétal destiné aux hauts fourneaux des grands centres industriels brésiliens dans le processus de fabrication de la fonte. Les terres appauvries par cette culture industrielle ne sont ensuite plus utilisables pour de l'agriculture familiale et les ressources en eau encore amoindries. Il semble que l'emploi généré par ces compagnies ne permette pas à la région d'opérer une mutation économique.

Le rôle des radios communautaires, souvent extrêmement démunies de moyens, devrait permettre de faciliter la communication au sein de leur village et aussi entre elles afin de créer un mini-réseau d'échange d'information et de mobilisation.

Durant les deux semaines, la participation et l'intérêt des stagiaires ont été fortement marqués. Un regret toutefois, tant à São Paulo qu'à Araçuaí, le nombre des participants a été un tiers inférieur au nombre des inscriptions (20 personnes à chaque fois). On retrouve là les difficultés courantes au Brésil dans le milieu des radios communautaires notamment. Les personnes engagées ont des moyens financiers très restreints. Malgré leur désir de participer à des cours, elles se trouvent finalement confrontées à des problèmes pratiques qui les empêchent au dernier moment d'être présentes.

Rio de Janeiro/Genève, le 1er décembre 2011
Yves Magat et Jean-Jacques Fontaine