page d'accueil

association

statuts

archives

les photos

les sons

les médias et nous

jequitibá, l'arbre

contacts

liens utiles

 

 LETTRE N°3 - mai 2009

 Cours de radio communautaire, RECIFE/NORD-EST DU BRESIL

Voilà, notre seconde session de formation s’achève… Deux semaines intensives dans une ancienne prison du centre de Recife , transformée en centre culturel. Une quarantaine de stagiaires, qui tous manient déjà le micro dans leurs radios communautaires respectives, sont repartis avec un bagage journalistique neuf qu’on espère utile. En tout cas, ils ont tous beaucoup aimé et promis d’en faire bon usage !

Le cours a accueilli deux volées successives, la première formée de gens venant de Recife et de sa banlieue, la seconde d’animateurs provenant de tout le Pernambouco et de la Paraíba. Une première semaine plutôt urbaine, donc, et une seconde plus « rurale », cela s’est senti dans le recrutement et dans la manière dont les étudiants ont abordé le cours.

 Dans l’ensemble, une fréquentation satisfaisante…

Les stagiaires de Recife ont tout de suite croché aux exercices pratiques. Ils ont bien compris notre souci de les voir suivre les cinq jours de cours au complet pour qu’ils puissent apprendre à manier sans trop de peine les outils journalistiques que nous cherchons à leur transmettre. Ils étaient d’ailleurs presque trop nombreux, 24 pour 20 places disponibles ! Et 22 encore à la fin de la semaine. Bilan très positif, donc, pour cette première volée, et bilan positif aussi pour nous, car nous craignions que l’absentéisme que nous avions constaté à Rio en décembre se répète à Recife.

 La seconde semaine a débuté sous des auspices un peu plus ardus. Seules 14 personnes étaient présentes lundi matin, et plusieurs de ces stagiaires, qui avaient voyagé parfois 9 heures pour venir, voulaient profiter de leur séjour dans la capitale administrative du Nord-est pour résoudre un certain nombre d’affaires privées. D’où des allers-retours entre le cours et l’extérieur qui nous ont fait craindre le pire. Mardi, cependant, les choses se sont un peu stabilisées, 3 étudiants nous ont quitté, 2 nouveaux sont arrivés et nous avons terminé la semaine à 12. Très nettement en sous-effectif, donc par rapport aux 20 places disponibles.

  mais les problèmes d’absentéisme ne sont pas entièrement résolus.

Nous avons pourtant tenté, suite à l’expérience de Rio , de mettre toutes les chances de notre côté en prenant toute une série de mesures :

-Nous avons engagé, grâce au financement de l’UNESCO-Brésil un des responsables régionaux de l’association des radios communautaires, Napoleão de Assunção, de l'association de radios communautaires ABRAÇO rompu à l’organisation pratique de ce genre de séminaire, Il a fait un travail de contact, d’explication et de lobbying pour recruter les candidats remarquable, mais hélas, la transmission des informations n’a pas toujours fidèlement suivi dans les radios, assez désorganisées en général, il faut bien le dire. Il a peut-être aussi manqué, pour la 2ème semaine, d’un peu d’overbooking qui aurait permis de combler les chaises vides.

-Je me suis en plus rendu personnellement à Recife , une semaine avant le début du cours, pour seconder Napoleão, ce qui s’est révélé indispensable pour finaliser la préparation. Il va sans doute falloir procéder de la même façon pour nos prochain cours. Cela m’a entre autre permis  de rendre visite avant le cours, aux radios du grand Recife pour expliquer les objectifs de cette formation. Cela a sans doute contribué à la bonne fréquentation de la première semaine. De telles visites n’étaient évidemment pas possibles pour les radios de province, qui n’ont pas toujours compris de quoi il s’agissait, n’ayant pu bénéficier d’une explication de vive voix.

-Enfin, nous avons exigé une « caution de garantie » de 15 R$ (7,50 francs suisses) payée par chaque étudiant au début du cours et remboursée à la fin. Le manque d’assiduité était amendé, de 3 R$ par jour d’absence, décompté de cette caution. Nous n’avons presque pas eu à utiliser cette arme, et je suis bien incapable de juger aujourd’hui de son impact. Avec un peu de vanité, je dirais que le contenu que nous transmettons, et notre approche très terre à terre ont sans doute fait plus pour l’assiduité des stagiaires que la taxe de garantie !

 Une approche maintenant bien rôdée

Comme lors des sessions de Rio de Janeiro , chaque étudiant a pu se familiariser, au cours de ces 5 jours, avec les techniques de base du journalisme : pratique de l’interview, animation de débat, rédaction d’un bulletin d’information, réalisation d’un reportage de rue. Chaque exercice était enregistré, puis commenté ensuite en groupe. Nous avons même pu travailler en direct et en public grâce au système de sonorisation de la Casa da Cultura , ce qui nous a permis d’organiser des débats plus vrais que nature sur les radios communautaires, pour les visiteurs présents à ce moment. Cela a bien sûr généré pas mal de trac chez plusieurs participants, mais quel plaisir après de constater qu’ils s’en sont tous très honorablement sortis !

 A la fin de chaque session, tous ont reçu un CD comportant le document résumé du cours et les exercices que nous avons enregistré. C’est un document de référence auquel ils pourront toujours recourir lorsqu’ils seront à nouveau plongés dans la pratique quotidienne. Nous avons mis quelques uns de ces enregistrements sur le site . Ceux qui comprennent le portugais peuvent ainsi en prendre connaissance.  Nous avons aussi joint l’interview improvisée d’un des étudiants, doublée en français, qui témoigne de ce que cette expérience a représenté pour lui. Vous trouverez aussi quelques photos illustrant l’ambiance du cours. Enfin, la rencontre entre ces stagiaires, qui ne se connaissaient pas auparavant, - ils provenaient tous de radios différentes et de lieux éloignés les uns des autres, - a été très riche. Tous ont relevé l’importance du cours aussi pour échanger leurs expériences.

 Objectif septembre 2009

Je vais revoir tous ces stagiaires en septembre ou en octobre, pour une journée de rafraîchissement qui permettra de voir ce qui reste vraiment du cours et de retravailler certaines notions qui pourraient poser problème. A cette occasion, nous allons distribuer comme prévu, à une vingtaine de radios, un enregistreur dictaphone digital permettant de pratiquer le reportage de rue dans leur communauté. C’est vraiment l’outil qui leur manque.

 Nous avons pu tester différents modèles apportés de Suisse par Yves (les prix sont nettement plus bas qu’au Brésil !) et nous pensons opter pour un modèle Philips de qualité raisonnable qui coûte environ 90 francs suisses ou son équivalent. L’UNESCO va lancer un appel d’offre pour obtenir des propositions de modèles et de prix. Reste à voir comment nous allons organiser l’approvisionnement, puisqu’il nous faut en principe 120 de ces appareils durant les 3 ans  du projet.

 Une session financièrement très économique

 Grâce aux apports de l’UNESCO-Brésil, qui a notamment financé nos voyages et le salaire de Napoleão et de l’Ambassade de Suisse, qui s’est chargée du coût du transport, du séjour et de l’alimentation des stagiaires, nous sommes nettement en dessous du budget prévu pour cette session. C’est aussi dû au travail de Napoleão qui a su convaincre la Municipalité de Recife et la Casa da Cultura de mettre gracieusement à notre disposition des locaux équipés. Napoleão connaissant en outre Recife comme sa poche, il a aussi trouvé quelqu’un qui a fourni d’abondants repas de midi pour un prix modeste (8,50R$ par étudiant et pas jour = 5 francs suisses) ainsi qu’un hôtel confortable pour loger les stagiaires de l’extérieur (40 R$ par personne et par nuit = 25 francs suisses).

Au bout du compte, l’ONG Jequitibá n’aura à assumer pour ce cours, sur les montants donnés par la Ville de Genève et la Commune de Cartigny, que nos frais de séjour à Yves et moi et les dépenses qui en découlent. Le coût total de cette session se monte à 20.766 R$ (=11.536 francs). Cela représente une dépense de 320 francs pour chacun des 36 étudiants qui ont suivi le cours gratuitement !

La prochaine session de deux semaines aura lieu à Aracaju ou Salvador en septembre ou octobre pour 40 autres stagiaires. Nous aurons alors rempli notre objectif de former environ 80 personnes dans le Nord-Est du pays, au cours de l’année 2009.

 Merci d’avoir pris le temps de me lire, n’hésitez pas à vous promener sur les différentes rubriques du site www.jequitiba.org afin de découvrir les sons et les images de ce cours.

 Amitiés à tous et chaleureuses pensées du Brésil.

 

Rio de Janeiro, le 10 mai 2009                                                                             Jean-Jacques Fontaine