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 LETTRE N°4 - septembre 2009

 Premier cours complémentaire, RECIFE /NORD-EST DU BRESIL

Ce premier cours complémentaire de 4 jours (1 jour de révision pour chaque étudiant) était prévu dans le projet afin de mesurer, 5 mois après, les effets pratiques de l’enseignement de base dispensé en avril/mai sur le travail des animateurs qui y ont participé. Rappelons que le cours de base portait sur l’apprentissage des techniques essentielles du journalisme radio (pratique de l’interview, modération d’un débat, rédaction d’un bulletin d’information, réalisation d’un reportage de rue).

Ce cours de complément a eu lieu, comme le cours de base, dans les locaux de la Casa da Cultura de Recife (Pernambuco). Il a été dispensé par un seul des formateurs, Jean-Jacques Fontaine, qui s’est déplacé depuis Rio de Janeiro. Il consistait essentiellement en un exercice d’interview enregistré sur les changements apportés dans la pratique de chacun des étudiants par le cours de base et en la rédaction d’un bulletin d’information de 5 minutes, à partir d’extraits de presse sélectionné préalablement. Chaque session durait de 9 :00 à 14 :00 et devait regrouper 10 étudiants à la fois. C’était la première expérience de cours de complément menée par l’ONG Jequitiba dans le cadre du projet de formation qu’elle a mis en place pour les années 2009-2010-2011.

Le bilan qu’on peut en tirer est quelque peu mitigé : participation décevante, mais grande satisfaction quant aux transformations opérées par le cours de base sur la pratique des étudiants.

Participation inférieure aux attentes :
18 participants sur les 39 invités (6 le lundi, 3 le mardi, 6 le mercredi et 3 le jeudi); 16 radios représentées sur les 20 ayant participé au cours de base,. C’est donc moins de la moitié des étudiants, mais 4/5 des radios convoquées avaient envoyé un des leurs. Cette faible fréquentation s’explique sans doute par la difficulté pour ces animateurs de dégager une journée pour venir suivre ce module complémentaire. Tous en effet travaillent pour gagner leur vie, à côté de leur activité bénévole au sein des radios communautaires.

Ce qui est moins évident, c’est que 25 personnes avaient répondu positivement à l’invitation (les autres étaient soit inatteignables, soit excusées) et seuls 18 sont réellement venues. Sans doute est-ce dû à une désorganisation de leur emploi du temps personnel (commune pour ces gens qui déploient de multiples activités), plus qu’à de la négligence. L’absence d’un organisateur sur place à même de relancer les invitations à la veille des sessions a sans doute aussi joué un rôle (Napoleão de Assunção n’a pas assuré la gestion de cette session).

Effets induits très satisfaisants :
Les stagiaires qui ont participé à cette journée complémentaire sont unanimes : le cours qu’ils ont suivi en avril/mai a significativement transformé leur pratique du micro au sein de leurs radios respectives. Tous relèvent qu’ils sont beaucoup plus structurés et synthétiques dans leur langage, qu’ils ont appris à mieux tenir compte des auditeurs, qu’ils écoutent maintenant de façon critique les autres radios ou la télévision afin de repérer ce qui correspond aux enseignements dispensés lors du cours ou aux erreurs que les professionnels commettent.

Plusieurs d’entre eux témoignent aussi des efforts qu’ils ont faits pour divulguer ces techniques auprès des autres animateurs de leur radio respective. L’effet d’entraînement semble donc être là, c’était un des objectifs du cours.

Les exercices réalisés durant cette journée de complément montrent une nette progression dans la maîtrise de l’art de l’interview. La confection d’un bulletin d’information par contre présente encore pas mal de difficultés : c’est un exercice plus complexe et peu, semble-t-il, ont eu l’occasion de le pratiquer dans leur radio ces 5 derniers mois. C’est sans doute un point faible du projet: il faudrait beaucoup plus de temps pour rendre cette activité vraiment opérationnelle. N’empêche, l’envie de pratiquer l’information locale à l’avenir a été soulignée par tous les participants.

Enfin, il n’a pas été possible de mesurer les effets de l’apprentissage du reportage puisque les enregistreurs digitaux que le projet distribue aux radios à l’issu du cours de base n’étaient pas disponibles en avril/mai. Ils ont été fournis lors de cette session de septembre, les étudiants n’ont donc pas encore pu s’exercer à cet art, faute d’outil ! Il faudra voir en 2010, lors d’un prochain cours complémentaire, ce qu’il en est de cet aspect puisque les enregistreurs seront dorénavant distribués à la fin des cours de base.

Faut-il réaliser cette session de complément ?
On peut se poser la question, au vu des dépenses que cela implique (déplacement, logement et repas d’un des formateurs, déplacement et alimentation des étudiants) en rapport à la relativement faible participation : 275R$ par étudiant pour une journée contre 138R$ par jour et par étudiant pour le cours de base, 2 fois plus !

A ce stade, la réponse est quand même qu’une telle session est utile : tous les étudiants présents ont apprécié ce petit moment de rafraîchissement qui leur a permis de réactualiser leurs connaissances. Du point de vue des formateurs, ces journées complémentaires sont aussi précieuses car c’est le seul moment où ils peuvent faire une évaluation concrète des effets du cours et le faire évoluer vers plus d’efficacité.

Rio de Janeiro , le 23 septembre 2009                                                                             Jean-Jacques Fontaine