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 LETTRE N°5 - octobre 2009

Salvador da Bahia: le droit à la communication

« Le droit à la communication est un droit de la société, au même titre que le droit à la santé, au logement ou à l’éducation. Et sans les radios communautaires, il y a un risque d’homogénéisation de la communication. »
Le ministre de la communication de l’état brésilien de la Bahia, Robinson Almeida, aime bien les radios communautaires ! Son patron, le gouverneur Jaques Wagner -un proche du président Lula- a tout fait pour que le cours de journalisme organisé par l’ONG genevoise Jequitibá à Salvador soit un succès. Ce droit élémentaire, les vingt-quatre radialistes des radios communautaires qui ont participé avec passion au cours en sont bien conscients. Le problème c’est que dans leurs petites villes d’origine perdues au fond de l’immense état de la Bahia, les choses ne sont pas aussi simples que le brillant exposé du ministre.

Par exemple José Carlos Brito de Macedo doit être vraiment motivé pour parcourir quatre fois par semaine huit km à bicyclette sous le soleil mortel du sertão pour aller animer ses programmes de musique et d’information dans les radios communautaires de Cristópolis et Baianópolis : « J’ai toujours rêvé de faire de la radio », dit-il simplement.

Sujets tabous
D’autres participants au cours ont des problèmes encore plus concrets.
Le trafic de drogue et l’explosion du crack dans leurs villes pourtant minuscules à l’échelle brésilienne sont des sujets tabous. «Tout le monde se connaît», explique un radialiste qu’il est plus prudent de ne pas nommer. « Si on parle des trafiquants, on se fait descendre immédiatement! »

Heureusement seules les villes se trouvant sur les grands axes de circulation sont concernées à ce point par la drogue. Mais toutes les radios communautaires doivent lutter au quotidien pour maintenir leur fragile indépendance face à des autorités locales qui ont une manière très personnelle d’interpréter le droit à la communication… Un autre participant du cours dont le métier principal est l’enseignement, s’est vu muter à cent kilomètres de chez lui du jour au lendemain. Il travaillait bénévolement dans une radio communautaire et refusait d’entrer dans la clientèle politique du nouveau maire !

Yves Magat