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 Lettre N°8 - mai 2011

Foz do Iguaçu: un environnement stimulant


Fallait-il aller à Foz do Iguaçu ? Nous avons choisi ce lieu de cours parce que sa situation géographique, au confluent des trois frontières Brésil-Argentine-Paraguay, en faisait un haut lieu de la criminalité et du trafic de drogue au Brésil, de la contrebande de marchandise chinoise et des conflits de terre côté paraguayen. Nous pensions donc que notre coup de main serait utile aux radios communautaires de la région.

Itaipu

Nous avions même projeté de donner le cours en deux langues, espagnol et portugais, pour toucher des animateurs du Brésil et du Paraguay. L'UNESCO nous a encouragé dans cette démarche et les premiers contacts avec l'ACEOPS, l'Association des Radios Communautaires de l'Ouest et du Sud-Ouest du Parana nous ont incité à concentrer les deux semaines de cours à Foz do Iguaçu.

Des animateurs expérimentés…
Le recrutement transnational n'a pas fonctionné et nous nous sommes retrouvés, au final, avec des professionnels déjà relativement biens formés au journalisme de radio, tous brésiliens, émettant dans une région riche grâce aux subsides que le barrage d'Itaipu, le deuxième plus grand du monde, verse aux municipalités dont les terres ont été noyées par le lac de retenue.

Nous nous sommes donc demandés si la cible du projet, -donner une initiation de base aux techniques du journalisme à des radios communautaires n'ayant pas accès à ce type de formation-, était bien respectée.

…qui ont plus profité du cours que d'autres…
Après 2 semaines de cours, la réponse est nuancée. Certes, les 37 personnes qui ont participé à l'une ou l'autre des deux sessions étaient en territoire connu, plusieurs d'entre elles ayant suivi une faculté de journalisme à l'université ou travaillé depuis de longues années dans leur radio. Il leur a donc été plus facile qu'ailleurs d'assimiler les techniques que nous leur apportions. C'est ainsi que le montage sur ordinateur des reportages de rue n'avait pas de secret pour eux. Ils ont pu le réaliser par eux-mêmes, alors qu'ailleurs, c'est Yves et moi qui nous chargions de cette tâche.

Nous avons cependant constaté que vu leur niveau de connaissance relativement avancé, ce que nous leur amenions devenait immédiatement opérationnel. Les effets sur leurs programmes de radios communautaires semblent donc devoir être plus immédiats et plus conséquents que dans les cours précédents.

Une semaine aurait peut-être suffit
Tous les participants nous ont affirmé que notre approche leur apportait beaucoup, car ils n'avaient jamais eu l'occasion de pratiquer la forme de journalisme local de terrain que nous enseignons. Le résultat est donc très positif, sur ce plan, mais la question de savoir si nous avons touché ceux qui ont le plus besoin de notre projet dans le sud du Brésil reste ouverte.

Nous aurions sans doute aussi pu limiter notre présence à Foz do Iguaçu à une seule semaine. L'enthousiasme de l'ACEOPS, qui nous a contaminé, a été un peu démesuré. Car si la première semaine, nous avons effectivement eu 18 stagiaires provenant de radios communautaires de la région, durant la seconde, 5 étudiants en journalisme et 2 professeurs se sont joints aux 12 stagiaires de radios communautaires de Foz de Iguaçu et environs. Ces 7 participants n'étaient pas vraiment dans la cible…


37 personnes, 18 radios et un réseau.
Le bilan reste tout de même très positif, avec 37 personnes formées de 18 radios communautaires différentes émettant le long du lac de retenue du barrage d'Itaipu ou dans la périphérie de la ville de Foz do Iguaçu. Les partenaires locaux recrutés par l'UNESCO se sont révélés à la hauteur pour ce qui concerne le recrutement et l'organisation du cours.

Nous avons en outre bénéficié de l'appui de l'entreprise d'état Itaipu Binacional, qui gère le barrage et a mis à notre disposition des salles très bien équipées au sein du Parc technologique d'Itaipu et le transport quotidien gratuit depuis Foz do Iguaçu. Nous étions en outre installé près de l'incubateur d'entreprises de ce Parc Technologique et de l'UNILA, une université d'Etat bilingue espagnol-portugais recevant des étudiants de tous les pays latino-américains. Cela nous a offerts des sujets de reportages et d'interviews bienvenus pour nos exercices pratiques.

Enfin, une radio sur internet, Radio Web Agua, qui fonctionne à l'intérieur du Parc Technologique d'Itaipu a mis en place pour nous un outil de communication permettant à toutes les radios communautaires du Brésil ayant bénéficié de nos sessions de cours de s'organiser en réseau pour s'échanger des informations et des contenus. Un souhait que nous avions dès le départ et qui est maintenant en passe de se réaliser.

Des coûts maîtrisés.
Enfin, malgré une sérieuse augmentation des prix au Brésil, -l'inflation a grimpé à près de 6% depuis l'an dernier et se marque surtout dans les services, donc l'hôtellerie, les transports et l'alimentation-, nous avons pu, grâce à l'aide fournie par Itaipu Binacional et à une gestion serrée du budget, rester dans la fourchette des coûts que nous avions projetés. Le budget 2011 sera donc respecté.

La prochaine session de cours, -et la dernière du programme ( !)-, aura lieu en novembre, vraissemblablement dans l'Etat de São Paulo (mais pas dans la capitale) et dans celui du Minas Gerais. Elle fera l'objet d'une prochaine lettre.

Rio de Janeiro, 25 mai 2011 Jean-Jacques Fontaine